veraPrésentation de l'éditeur :
" Ils parlaient rarement, il ne pouvait toujours pas lui pardonner ce qu'il avait vu au théâtre. Parfois, si [Véra] dormait, Nikolaï quittait sa chambre, s'asseyait près d'elle sur le divan et la regardait : son visage était pâle, bien plus pâle que d'ordinaire, et de fait il paraissait irréel. Dans le crépuscule il semblait resplendir d'une faible lueur intérieure. Véra respirait sans bruit... comme si elle ne respirait absolument pas. À présent, elle était plus belle encore, et l'aimer devenait plus douloureux encore." Véra est le récit - presque le journal - d'un homme amoureux de sa femme jusqu'à la folie. Hanté par la suspicion, Nikolaï est convaincu que Véra le trompe. Dit-elle ne rien comprendre, lui jure-t-elle fidélité ? Elle ment, bien sûr ! D'autant qu'une voix - double imaginaire ou mauvais génie bien réel - nargue Nikolaï, le harcèle, pointant avec cruauté sa faiblesse. Peut-il vraiment échapper à ses hallucinations, entremêlées à la réalité, et à ce besoin de faire subir à Véra le pire traitement qu'un homme puisse infliger à une femme prête à tous les sacrifices ? Envoûtant portrait d'un homme jaloux et de sa victime, Véra révèle l'un des auteurs les plus talentueux de la littérature russe contemporaine.
L'auteur : Alexandre Skorobogatov, né en 1963 en Biélorussie, décide très jeune de se consacrer à l'écriture. Après la chute du régime soviétique, il s'installe à Anvers, où il publie cinq romans. Salué par la critique Véra est son premier livre traduit en français.

Entamons notre année Russe !
Livre intéressant qui explore la palette de sentiments liée à la jalousie. Plantons le décor : un homme jaloux à l'excès face à sa très jeune et belle femme . Tout homme approché est un amant potentiel. Une femme actrice aux talents et aux charmes multiples qui est soumise à son mari dès lors qu'elle est avec son mari. Excès de jalousie d'une part, excès de soumission d'autre part. qu'en est-il réellement ?  Je dois dire que j'ai eu du mal à discerner certaines fois, le réel de l'imaginaire, le passé, du présent. Mais dans l'ensemble, j'ai aimé cette décortication du sentiment à travers cette histoire, un peu à la Zweig. L'écriture est quelquefois surprenante, certaines expressions un peu étonnantes mais c'est peut-être la traduction.
Un agréable moment de lecture dans cette collection "autrement" que décidément j'apprécie beaucoup.