28 novembre 2009
"L'HIVER INDIEN" DE F. ROUX
Ils avaient été repoussés jusqu'au bord du Pacifique, ils avaient vendu une bonne partie de l'Etat de Washington pour le prix d'une Buick Regal avec la transmission bousillée, s'ils faisaient un pas en arrière, ils disparaissaient dans l'océan. Personne n'entendrait plus parler d'eux sur cette terre qui leur appartenait, excepté dans les musées d'ethnographie.
Quelle aventure ! des personnages inquiétants, surprenants pas vraiment convenables qui vivent leur vie et leur rêve au quotidien avec un je ne sais quoi d’irréel. Nous sommes aux confins de l’Amérique, là où les derniers indiens ont été autorisés à rester, au bout d’une route et tout au bout du bout, la mer. Dans un no man’s land, un village construit de bric et de broc, abrite une équipe de bras cassés qui veut faire revivre la chasse à la baleine comme au bon vieux temps, lorsque la culture indienne existait en tant que telle ; sans doute un moyen de se faire reconnaître en retrouvant ses racines pour un peuple partagé entre deux cultures. Les péripéties s’enchainent, chaque protagoniste avec son lourd passé, les écologistes, la police, les médias s’en mêlent . ..
Je dois dire qu’au début, j’ai beaucoup aimé le façonnage des personnages, chacun porteur d’ une « tare » et je dois dire qu’ils m’amusaient à transgresser le lois, à raisonner uniquement en fonction de leur instinct et non d’une quelconque convenance. Mais plus j’avançais, plus je trouvais cela long et j’avais hâte de terminer. De plus, sans doute par lassitude, je trouvais le style confus. Mais une fois de plus, je me sens bien seule dans cette critique mitigée puisque ce livre semble avoir conquis pas mal de personnes.
Pour résumer, bien mais un peu longuet.
Un grand merci à Suzanne de
et au
« livre de poche ».
Critiques chez Daniel, Papillon,
Blog de l'auteur, Frédéric Roux
PS : je manque de temps en ce moment entre mon boulot à plein temps et plus de temps en temps, la vie de famille, la grippe qui s'invite via ma poupette et les préparatifs des fêtes.... Je n'ai même pas parlé du salon du livre de Dijon et la fatigue aidant, je n'ai pas eu le temps de vous bisouter. J'arrive quand même à lire un peu, alors tout va bien :)
20 novembre 2009
"J'AIMERAIS VIVRE UN JOUR ENCORE" D'ERIC VAN HAMME
4ème de couverture :
"Je suis restée plantée là, comme un boxeur K.-O. debout, le ciel d’un
coup metombait sur la tête. J’ai mis plusieurs secondes pour réaliser
que je m’étais laissée prendre à mon propre fantasme. Quelle ingénue…
J’ai séché les cours mais pas mes larmes, complètement anéantie. J’ai
pensé au pire, passant de longues heures sur la passerelle surplombant
la voie ferrée, regardant passer les trains directs pour Paris lancés à
pleine vitesse. J’ai hésité mais n’ai pas pu…"
Editeur : actiliamultimedia
L'auteur : Eric van Hamme vit en Ile de France. Son blog
Fichtre je crois que c'est le billet le plus difficile à rédiger que je porte à votre attention.
Difficile car c'est Eric lui-même qui me l'a offert sur le quai d'une gare lors d'un sympathique speed-meeting. Si j'imagine l'attente et les interrogations d'un auteur une fois sa création lancée, c'est une pression que de le critiquer sans complaisance mais avec bienveillance.
Difficile aussi car les sujets abordés ne sont pas légers. Je dirais même que certaines de ces nouvelles, puisque c'est recueil de cinq nouvelles, sont violentes, dures et prennent aux tripes.
Petit aperçu :
"Pas la peine de revenir". Nouvelle très noire qui décrit avec acuité la douleur d'une ado incomprise, pas aimée qui n'entrevoit aucun avenir. C'est dur à lire, poignant et très bien rendu par un vocabulaire adapté.On reste scotché et mal à l'aise d'autant que malheureusement ce constat doit être assez fréquent, même si l'issue proposée ne l'est pas.
"33" Cette longue nouvelle répond à cette question : quand commence la vie ? Elle est forte, dense. Eric utilise continuellement des analogies fort plaisantes. Vous comprendrez lesquelles si je vous cite "Je fais l'amour comme je fais la cuisine, en créatif inépuisable". On se régale de tout : de la chute (même si on peut l'imaginer) et du vocabulaire choisi avec des jeux de mots dont on ne se lasse pas. Quelques digressions ne me semblent pas trop nécessaires (la cuisine moléculaire, le laïus sur les banquiers même si les propos sont intéressants). Cette nouvelle fait partie de mon top five.
"Une sensation de déjà vu". c'est une étrange nouvelle que nous propose Eric. Comment et pourquoi une femme vole la vie d'un homme. Une photo comme flash de départ pour que la lumière jaillisse dans une mémoire atrophiée. L'analyse du personnage féminin est développée un peu trop rapidement mais le caractère est bien rendu ; celle du personnage masculin bien écrit mais à mon sens il a du mal à être crédible.J'ai du mal à imaginer que quelqu'un frappé d'amnésie à un moment de sa vie arrive à faire des choses sensées, traduire des textes, sans s'interroger sur son enfance ou ses racines et à tout le moins sans que l'extérieur ne s'intéresse à son identité. A part ses considérations très terriennes, j'ai beaucoup apprécié cette nouvelle.
"La dédicace" m'a fait sourire : un primo-romancier vaniteux face à un éditeur peu scrupuleux.
Un bon cru ce recueil de nouvelles, dégusté d'une seule traite face à la cheminée. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'elles ne sont pas lisses et nouvellement correctes. Elles activent notre palpitant. La photo et le titre en disent long sur leur contenu.
Après le "le fil d'Ariane", Eric Van Hamme signe là une création toute personnelle, l'univers singulier d'un homme singulier que je vous invite à découvrir.
Merci Eric de ta confiance et de la petite surprise à la fin du livre.
13 novembre 2009
"CARREFOUR DES NOSTALGIES" D'ANTOINE LAURAIN
Présentation de l'éditeur
François Heurtevent a perdu les élections. Il n'est plus que l'ex-député-maire Heurtevent. Un citoyen ordinaire. Son téléphone ne sonne plus et son agenda est désormais vide... Depuis sa défaite, des souvenirs se bousculent dans sa tête. Principalement ceux liés à André Dercours, dit " Derk ", un vieux routier de la politique, auprès duquel il commença sa carrière au début des années quatre-vingt. Parmi les cartons qui reviennent de sa mairie, il découvre une photo de classe du cours Levert, vieille de trente ans, sur laquelle il a du mal à se reconnaître. Une question lui traverse l'esprit : que sont devenus les adolescents de la photo ? Le voilà qui s'installe dans l'ancien appartement de Dercours et convoque un ami des services secrets pour retrouver les coordonnées de ses anciens camarades. Clément Jacquier est devenu réalisateur de films érotiques, Delphine Poisson est coiffeuse, Jérôme Auberpie est entré dans les ordres... De rencontres en hasards, sa promenade le mènera jusqu'aux comptes à numéro de Genève, jusqu'aux secrets qui n'auraient jamais dû être dévoilés. Ceux qui dorment dans les vieux dossiers et parfois même dans les puces des ordinateurs...
Biographie de l'auteur
Après Ailleurs si j'y suis (prix Drouot 2007) et Fume et tue (2008), Antoine Laurain signe avec "Carrefour des nostalgies" un roman sur le temps qui passe, à la fois doux-amer et chaleureux, où le piquant du récit le dispute à l'intelligence de l'intrigue
François Heurtevent le soir de son échec électoral se retrouve face à lui-même et à la vacuité de sa vie. Il va se ressourcer et trouver un certain réconfort en se tournant vers le passé grâce à une photo de classe prise l’année du bac. Il va ainsi vouloir savoir ce que sont devenus ses anciens camarades de terminale. Sa quête va le mener dans des univers inconnus de lui mais surtout beaucoup plus loin qu’il ne l’espérait puisque son propre passé va resurgir.
Entre nostalgie et besoin de comprendre, il se laisse guider par les hasards comme si la prescience d’une découverte majeure était inscrite dans les cartes. Tout s’enchaîne irrémédiablement, presque trop bien, pour qu’effectivement le passé se délite et bouscule le présent.
Je trouve que lire des romans sur le temps qui passe est souvent long et ennuyeux. Or ici, pas du tout ! Je dirais que le fil est très finement tissé, qu’il est rapidement brodé-presque trop vite dans la description des personnages rencontrés-et que l’aspect douloureux d’une telle évocation est atténué par la diversité des rencontres et des situations dont certaines sont assez cocasses.
C’est un lieu commun de dire qu’une suite de hasards débouche souvent sur un changement ou une découverte radical ; ici les révélations foisonnent (too much !) mais le rythme donné, fait que ce roman est agréable à lire et se lit presque d’une seule traite.
On trouve dans ce roman quelques dénominateurs communs aux autres romans d’Antoine Laurain, « Ailleurs si j’y suis » et « Fume et tue », les antiquaires et la Bourgogne du vin. C’est surement la raison pour laquelle ce roman a reçu le prix « livres en vignes » 2009. C’est en allant d’ailleurs à ce rendez-vous que j’ai revu Antoine Laurain et surprise ! la dédicace ne m’est pas du tout destinée ! sans doute une inversion dans les livres.
Critiques et actualités sur le site d'Antoine Laurain
Critique plus mitigée d'Anne
07 novembre 2009
"GREVE SURPRISE ET AUTRES BONNES NOUVELLES" DE M. REDERON
" Les autres, moi, je les aime... de loin, la discussion de cale du commerce avec les inconnus, ce n'est pas ma tasse de thé. La discussion avec personne d'ailleurs, ça n'apporte rien, les gens n'ont rien à dire, enfin rien d'intéressant. Ce que j'aime en revanche, c'est les observer, les épier, tenter de découvrir qui ils sont vraiment, ce qui les motive, ce qui les rebute. C'est dans leurs manies, leurs attitudes qu'ils nous parlent d'eux-mêmes, c'est la seule façon de leur faire dire quelque chose de sincère, d'original. Et pour cette observation, il faut bien reconnaître que la gare est un lieu rêvé. (...) " Sartre avait raison, l'enfer c'est les autres ! Moi j'adore observer l'enfer... de loin, pour ne pas me brûler. Je ne me lasse pas du spectacle. " Entre voyages perturbés, voyages prétextes, buffet pour estivant en club de vacances, amour, amitié et séduction, laissez-vous emporter au gré de ces nouvelles au ton parfois léger, au propos doux-amer ou au dénouement tragique. Retrouvez ce qui fait le charme de Leçons de campagne ou de Je le poste cette carte de Marseille, l'humour, la tendresse, la gravité, bref, le talent.
Biographie de l'auteur
Michel Rederon est né à Avallon. Désormais installé à Nîmes, il se
consacre à l'écriture. La nouvelle est le genre littéraire avec lequel
il s'est fait connaître et qui lui a valu nombre de distinctions.
Depuis il a écrit plusieurs romans, mais c'est toujours avec beaucoup
de bonheur qu'il revient régulièrement à ses premières amours.Son blog
Editeur : Editions de l'Armançon
"Et autres bonnes nouvelles" oh que oui !
Michel Rederon a rassemblé dans ce recueil toutes ses nouvelles primées lors de concours. Le must quoi !
Un festival de bon, voire même de très bon. Il est très difficile de parler d'un recueil de nouvelles sans en dévoiler le contenu. Il y est beaucoup question de rencontres mais aussi de charme féminin, d'héritage mais aussi de violence. Sans doute parce que cette nouvelle dégage beaucoup d'émotion, j'ai ainsi beaucoup aimé "destinées" et surtout "la route". Cette dernière qui prend corps dans un pays en guerre est réellement poignante. L'auteur du "cèdre sous l'orage" et de " nous regarderons passer les éléphants" romans sur le même thème, traduit bien l'inénarrable.
J'ai bien aimé aussi l"l'héritage" pour l'écriture et la poésie, assez dans le style d'une fable de la Fontaine, les animaux en moins. Mais ma préférée reste "une anglaise en Périgord". Une journaliste anglaise doit faire en deux jours un papier sur le Périgord, région qu'elle ne connait pas du tout. Un homme du cru est chargé de la lui faire découvrir. Il est vrai que j'adore cette région (je connais surtout le Lot et un peu la Dordogne) mais cette façon de découvrir est craquante...une belle leçon de savoir vivre ! Je n'en dis pas plus...

Michel, le Bourguignon, que j'ai revu avec plaisir au salon du livre "livres en vignes" a aussi écrit un roman, celui que je préfère, se déroulant dans ma ville :"Je te poste cette carte de Marseille". Je précise que ma ville est Dijon et non Marseille..
01 novembre 2009
EN MARCHE
Allez c'est reparti ! après une semaine de vacances très reposantes, avec du beau temps et des couleurs automnales magnifiques (pas de photo car quand j'ai eu l'appareil, la batterie était à plat), des livres vraiment très chouettes (compte rendu au fil de l'eau) et l'annonce d'un décès à notre retour, j'ai du mal à faire surface...Il faut dire que le froid arrive et j'ai beau aimer la Bourgogne, pendant quatre mois je sais que je vais souffrir. Fini la complainte et dès demain au boulot !
PS : je n'ai pas pu aller aux écrans de l'aventure, c'était complet !!!!! pourquoi ont-ils changer de salle si c'est pour que l'on ne puisse plus y accéder ?
BORIS VIAN BOF !
Voilà un coin de campagne où l'on a de drôles de façons... La foire aux vieux, par exemple. Curieuse institution ! On sait bien aussi que tous les enfants peuvent voler comme des oiseaux dès qu'ils étendent leurs bras - mais est-ce une raison suffisante pour les enfermer derrière des murs de plus en plus hauts, de plus en plus clos ? Le psychiatre Jacquemort se le demande puis ne se le demande plus, car il a trop à faire avec la honte des autres, qui s'écoule dans un bien sale ruisseau. Mais nous, qui restons sur la rive, nous voyons que Boris Vian décrit simplement notre monde. En prenant chacun de nos mots habituels au pied de la lettre, il nous révèle le monstrueux pays qui nous entoure, celui de nos désirs les plus implacables, où chaque amour cache une haine, où les hommes rêvent de navires, et les femmes de murailles.
Je n’ai pas adhéré à cette histoire. Les personnages sont loufoques, comme les situations. En fait , je ne voyais pas où l’auteur voulait nous emmener. J’ai arrêté ma lecture au trois-quart du livre en me demandant à quoi servait ce livre. Pour ne pas rester sur une mauvaise impression, j’ai lu un autre livre de Boris Vian un peu plus amusant mais aussi loufoque.
Livre lu dans le cadre du
Pour parfaire pour jugement j'ai retrouvé ce titre là
Les tribulations d’un homme qui cherche à échapper à un cartel de drogue. L’histoire n’a pas vraiment d’intérêt mais certaines situations sont cocasses et j’ai même souri ! C’est tout. Finalement les personnages sont aussi déjantés que dans le premier livre mais différemment. Je n’ai pas fini ce roman et le style Boris Vian ne me séduit pas. Je n’y comprend rien.
Critiques de différents livres de B. Vian chez sylire pour le blogoclub









