29 juillet 2009
"CHANSON DES MAL-AIMANTS" DE SYLVIE GERMAIN
La narratrice, abandonnée à sa naissance à la porte d'un couvent, vagabondera au fil des ans d'une place à l'autre, à travers la France. C'est comme si elle n'avait pas de vie propre, mais elle participe intensément à celle des autres et aux drames dont elle est le témoin, sondant toujours plus profondément les mystères du cœur et du corps humains en lesquels rôde si souvent la folie. Elle grandit dans les Pyrénées, parmi des enfants qui attendent en vain le retour de leurs parents chassés par la guerre, puis dans une auberge où l'on pratique un culte truculent de l'ours, ensuite dans un manoir où pèse un secret en forme de cruelle mascarade. Devenue adulte, elle est servante dans divers hôtels, dans un bordel champêtre, dans un bistrot de gare, puis à Paris où elle côtoie des gens insolites, parfois inquiétants, et où elle finit chanteuse de rue avant de revenir dans les Pyrénées. Dans la splendide sauvagerie des montagnes et dans celle, bien plus féroce, de la ville, elle ne cessera de creuser et de fortifier sa solitude, ainsi que son don de compassion.
L'histoire banale d'une fille abandonnée lors de sa naissance dont la vie va être balisée par des abandons et des trahisons. C'est touchant, bien écrit, juste ce qui faut de mots comme diraient certains, pour décrire des situations et des sentiments.
De plus, c'est la première fois que je me fais cette réflexion, si je devais écrire un livre, c'est ce style là que j'emprunterais : beaucoup de distance, un ton légèrement désabusé mais humoristique pour nous faire saisir l'essentiel. A aucun moment, le style est larmoyant. Je note la finesse d'une écriture pour nous décrire une bulle de misère et de solitude. (bon je sais ma réflexion stupide puisqu'il faut adapter le style au contenu mais c'est pour vous dire combien j'ai aimé son écriture)
J'avais apprécié ma lecture de "Magnus" il y a quelques années et là en refermant le livre, je suis toujours charmée par cet auteure.
24 juillet 2009
MON PORTRAIT
Je suis tout émue car mon escargolio's man préféré, m'a représentée et a fait mon portrait pour son calendrier des kikimates. C'est ICI ! c'est tout à fait moi :)
Et je suis heureuse d'être une sirène du mois d'octobre !
Merci Monsieur Kiki !
22 juillet 2009
TAG A VOEUX ET NEWS
Je tiens presque mes promesses. J'avais été taguée par Emmyne et lui avait dit que j'y penserai ! Tout arrive. Je dois être la dernière à y répondre mais ce n'est pas grave. Voici le principe :
1) Ecrire huit souhaits
- la santé pour tous
- le bonheur pour tous
- du travail pour tous
- transformer mon tempérament d'impatiente assumée en vertuseuse patiente !
- Faire de mon travail un lieu de convivialité
- aplanir les rugosités du passé
- Reprendre le sport (c'est en partie fait, je vais faire mes km mètres de piscine toutes les semaines) et essayer le kinomichi
- aller faire coucou aux blogueurs/blogueuses dont les livres ne me parlent pas du tout
2) Dire à quoi font penser les dix mots donnés :
- Blog : espace d'invitation
- Prix : prix de coquetterie et de bonne humeur (obtenu en maternelle ! :) )
- Croix : Eglise souffrance
- Scrap : travaux manuels (je n'aime pas ça, j'avais toujours zéro)
- Bonheur : à deux, à quatre
- Vie : chance
- Enfant : merveille
- Passion : j'aime les presonnes passionnées !
3) Dire un mot sur ma tagueuse
- c'est mon blog de référence en littérature jeunesse
- l'initiatrice de mon premier swap
- Emmyne c'est la gentillesse des échanges
- l'initiatrice du premier quizz auquel j'ai participé et où j'ai gagné "coeur d'encre" que j'ai réussi à lire ! (c'était pas gagné !)
Bon je ne refile à personne ce tag sauf si cela fait plaisir à quelqu'un...
Quant à moi, suite à ce que je disais ICI, j'ai fini mon stage fin juin et j'ai immédiatement enchaîné sur un travail à temps plein (j'aurais préféré un temps partiel mais je ne dois pas être trop exigente). Donc pas de vacances, mais quelques week-end en perspective histoire de faire comme si, et de me détendre un peu.
Et puis en semaine, je lis des livres comme "le bonheur au bout du guidon" de Christophe Cousin, ainsi je voyage !
Ils sont beaux ces tournesols pas très loin de chez moi !
15 juillet 2009
"LE VOL DES CIGOGNES" DE JC GRANGE
Un ornithologue suisse est trouvé mort d’une crise cardiaque… dans un nid de cigognes. Louis, l’étudiant qu’il venait d’engager, décide d’assumer seul la mission prévue : suivre la migration des cigognes jusqu’en Afrique, afin de découvrir pourquoi nombre d’entre elles ont disparu la saison précédente…
Parmi les Tsiganes de Bulgarie, dans les territoires occupés par Israël, puis en Afrique, Louis court d’énigme en énigme et d’horreur en horreur : observateurs d’oiseaux massacrés, cadavres d’enfants mutilés dans un laboratoire… Les souvenirs confus de son propre passé –ses mains portent des cicatrices de brûlures depuis un mystérieux accident– se mêlent bientôt à l’enquête…
Suspense, imagination, vérité documentaire : ce thriller captivant, véritable coup de maître, est le premier roman de l’auteur des Rivières pourpres.
1er roman de Jean-Christophe Grange datant de 1999 qui est disponible en livre de poche. Je remercie d'ailleurs Blog-o-Book et le livre de poche pour cette lecture fort plaisante.
Un ornithologue célèbre confie à un jeune étudiant Louis Antioche, le soin de découvrir les raisons pour lesquelles, les cigognes, qui chaque année font des milliers de kilomètres selon un itinéraire immuable ne sont pas au rendez-vous.
Ce roman au départ très "nature" va nous emporter, à la suite de Louis, sur les chemins tortueux, quelquefois inaccessibles et souvent sanglants des Balkans, d'Isarël, de la RCA, de la Belgique et d'Inde.
Malgré quelques situations assez improbables et quelques descriptions macabres superflues, je me suis laissée entraîner dans les bagages de Louis, sur les traces des cigognes, bien décidée à percer avec lui le mystère de ces disparitions.
Même si on pressent dès le début que les cigognes sont un prétexte pour découvrir autre chose, la dynamique imposée par le texte, nous pousse à ne pas trop réfléchir et à aller de l'avant, toujours plus en avant, et de plus en plus vite, pour savoir...
C'est un très bon livre pour se changer les idées pendant les vacances, un très bon premier polar je trouve ,et à l'occasion, j'en lirais d'autres du même auteur.
08 juillet 2009
CHASSIGNELLES REDECOUVRE LES JOYAUX DE SON EGLISE
Petit périple au nord de la Bourgogne le week end dernier :
- Tonnerre aux sentes mal entretenues où seule "la fosse Dione" donne du charme à cette ville du passé.
- Noyers sur Serein, que nous avons trouvé triste malgré ses maisons à pans de bois et sa réputation de beau village
- Ancy le Franc et son château renaissance fort bien restauré et entretenu par un mécène américain
La visite est fort intéressante. Beaucoup de peintures et boiseries sont d'origine et certains meubles sont des chefs d'oeuvre de marquetterie.
Le château accueille aussi des scolaires pour des journées découvertes. Ma poupette a testé ; au menu : visite, chants et danse.
Mais la plus belle découverte de ce week end fut celle-ci : L'église de Chassignelles
A l'orée du village, cernée par les champs, le porche encadré par deux majestueux tilleuls, elle date du XII ème siècle.
Lucien et ses coéquipiers de l'association "les amis de l'église Saint-Jean Baptiste" nous accueillent car ils préparent une exposition sur la peinture murale en milieu rurale en Bourgogne. Et Lucien avec passion nous raconte l'histoire de la restauration de l 'édifice achevée en 2008, ses médaillons, son style architecturale, sa litre funéraire, ses motifs géométriques, ses peintures comme celle-ci :
On voit bien les dessins géométriques et la litre funéraire.
Nous contournons une dernière fois l'église, brassant l'air lourd gorgé de papillons, pour admirer le long toit de "laves" (ce sont des pierres plates dénommées ainsi en Bourgogne).
Un grand merci à Lucien et les siens pour cette visite improvisée. N'hésitez pas à vous arrêter pour visiter cette église à quelques kilomètres d'Ancy Le Franc. Vous êtes aussi chaleureusement conviés à la fête de la pomme chaque année au mois d'octobre.
01 juillet 2009
"NOUS ETIONS LES MULVANEY" DE JC OATES
ou "Le tiercé des Mulvaney"
A Mont-Ephraim, petite ville des Etats-Unis située dans l'Etat de New York, vit une famille pas comme les autres : les Mulvaney. Au milieu des animaux, ils cohabitent dans une ferme respirant le bonheur, où les corvées elles-mêmes sont vécues de manière cocasse, offrant ainsi aux autres l'image d'une famille parfaite, comme chacun rêverait d'en avoir. Jusqu'à cette nuit de 1976 où le rêve vire au cauchemar... Une soirée de Saint-Valentin arrosée. Un cavalier douteux. Des souvenirs flous et contradictoires. Le regard des autres qui change. La honte et le rejet. Un drame personnel qui devient un drame familial. En dressant le portrait de la dissolution d'une famille idéale, Joyce Carol Oates épingle l'hypocrisie d'une société où le paraître règne en maître et érige en roi les princes bien pensants ; où un sourire chaleureux cache souvent un secret malheureux ; où il faut se taire, au risque de briser l'éclat du rêve américain.
Tout d'abord pardon Sylire et Lisa de détourner le titre original de ce livre. Ensuite, je vous dois quelques explications : C'est étonnant plus j'avançais dans ce livre, plus l'idée du tiercé me taraudait. Non non je n'ai pas fumé et mon équilibre psy..machin est stable. Il y a que devant mon enthousiasme modéré à la lecture de ce pavé, j'ai décidé de m'autopsier en tant que lectrice pour découvrir les ressorts de mon bien être pendant et post lecture. Je vais le faire de manière très synthétique rasurez-vous !
Tout d'abord, parlons des Mulvaney, famille heureuse proche de la nature jusqu'à ce qu'un viol vienne perturber l'équilibre familial. L'écriture est agréable, les personnages bien dessinés. Le thème du viol doit être récurrente chez Oates car il démarrait "Zarbie les yeux verts", livre pour adolescent que je voulais offrir à une adolescente. Bien m'en a pris de le lire avant car jamais je n'oserais offrir un tel livre. Je préfère le romantisme même si c'est un peu désuet.
Je distingue deux façons de lire, celle qui est passive (pas forcément négative), puis celle active
- Lecture passive :
1) quand on se laisse porter par une histoire forte, que l'on ne peut quitter (thriller par ex.). On continue rapidement pour savoir la fin.
2) quand on ne comprend rien, que les personnages sont détestables ou l'écriture imbittable : je stoppe et passe à autre chose.
3) quand on lit sans élan particulier car l'histoire ou les personnages sont fades mais comme un bon petit soldat on termine avec le sentiment du devoir accompli. (enfin, je nuance, si une friandise m'attend je stoppe vite fait)
Avant la phase active, revenons aux Mulvaney : Marianne disparaît et on assiste à l'éclatement de la famille petit à petit. C'est bien rendu mais l'écriture est lente. Chaque membre de la famille est dépecé pour comprendre la logique psychologique de chacun. Le dernier des enfants qui est le spectateur auteur de cette histoire la raconte au passé "Nous étions les Mulvaney"
- Lecture active : en général c'est toujours du positif et je termine.
4) Je me mets à la place d'un personnage, je ferais ceci ou cela, j'aimerais ceci ou cela.
5) on cherche la faille ou les indices (polar)
6) on a envie d'en savoir plus sur une période ou des faits historiques, une personne (bio), un problème de société (essai)
7) on est submergé par l'émotion, par la richesse d'un personnage parce qu'on lui ressemble, qu'on le comprend si bien ou qu'on aimerait lui ressembler.
Voilà c'est très synthétique et statique. Pour être plus précis il faudrait rajouter les paramètres :
- Moment et temps de lecture : En ce moment je suis prise par ma formation qui est prenante intellectuellement. J'aurais donc plus tendance à privilégier les livres denses (pour m'évader) et courts (pour en profiter jusqu'au bout)
- Lieu de lecture : si je lis sur la plage, à l'extérieur de chez moi ou tout simplement dehors, il me faut des livres faciles à lire et pas trop gros.
En général mon tiercé gagnant est le 7 et le 6 ex aequo puis 5 et 3. Et Vous ?
"Pour moi "Nous étions les Mulvaney" c'est du "3"
Mais ce n'est pas grave, je me suis largement rattrapée avec "Laver les ombres" de Jeanne Benhameur ainsi qu'avec "No et moi" de Delphine de Vigan










