26 juin 2009
"ROUGE MAJEUR" DE DENIS LABAYLE
Le 5 mars 1955, Nicolas de Staël assiste à un concert au théâtre Marigny, à Paris. Bouleversé par la musique d'Anton Webern, il décide de traduire par la peinture son émotion. Dix jours plus tard, il se jette par la fenêtre de son atelier. Pourquoi un artiste jeune, séduisant, au faîte de sa gloire met-il fin à ses jours? Jack Tiberton, journaliste au Washington Tribune, est le seul à connaître la vérité car, pendant ces dix jours, il était là. Il a tout vu, tout entendu, et surtout tout noté. Le roman de Denis Labayle mène le lecteur au cœur de la création, là où l'émotion jaillit, comme ce rouge incandescent choisi par Nicolas de Staël pour son dernier tableau, Le Concert. Un voyage dans l'avant-garde artistique des années cinquante, une réflexion passionnante sur la création et ses doutes, la solitude de l'artiste qui cherche au-delà de l'horizon. Dix jours fictifs, possibles, qui font revivre cet énigmatique personnage, l'un des plus talentueux peintres de la France d'après-guerre, Nicolas de Staël
C'est un livre que j'ai vu chez Denis et Fabienne et je ne le regrette pas !
Interviewer Nicolas de Staël pour le journal dans lequel il travaille est un prétexte pour Jack, le journaliste de venir en France.Il veut tout d'abord découvrir le peintre et surtout revenir vers un amour d'un passé lointain.
L'auteur fait évoluer Jack dans les tourments de la vie de ce peintre qui lui ressemble par certains côtés. Nous assistons aussi avec beaucoup de virtuosité à la naissance d'un tableau majeur de Nicolas de Staël, "le concert".
Errance, exigence, versatilité du peintre reconnu dans le monde entier, telles sont les composantes des derniers jours de ce peintre des années 50, imaginées dans ce roman par Denis Labayle.
Faire se rejoindre la musique et la peinture, telle pourrait être la particularité de son oeuvre.
Denis Labayle nous entraîne grâce à son roman dans les méandres de la création artistique de Nicolas de Staël confronté à des déboires sentimentaux et à des pannes d'émotion.
C'est un magnifique roman pour qui veut approcher l'esprit qui préside à la création d'une oeuvre. Belle réussite !
"Jack j'en ai marre de cette recherche incessante...Plus je crois approcher de la vérité, plus je me rends compte de la distance à parcourir. Je ne parviens pas à réduire le hiatus entre ce que je vois, ce que j'entends et ce que je réalise".
Qui est l'auteur ? c'est ICI sur son site. Ses romans c'est ICI
17 juin 2009
"CELUI QUI SAIT" DE MARININA
Années 60: Natacha Kasantseva, la future réalisatrice de télé, sa soeur Lioussia qui sera un écrivain raté, leurs parents, la bibliothécaire juive Bella Lvovna et son fils Marik, un couple d'ivrognes et un autre sans enfants, tous vivent dans un appartement communautaire de Moscou. Les temps sont durs. On se débrouille, on fait la queue dans les magasins, beaucoup buvant pour oublier une société de répression et de pénurie où rien n'est possible quand on n'a pas d'amis au Parti communiste. Amours, mariages, naissances, décès, crimes, tristesse, mais aussi petites et grandes joies d'une vie régie par un moralisme étouffant, les années passent, tout tenant tant bien que mal jusqu'au jour terrifiant où le système s'effondre avec la Perestroïka et cède la place à une Russie de l'enrichissement effréné pour certains et de la misère pour beaucoup. Dans la grande tradition de Rybakov et d'Axionov, cette saga d'Alexandra Marinina décrit avec lucidité et espoir une Russie qui se remet à peine de soixante-dix ans de communisme.
700 pages d’analyse sociologique de la Russie de la deuxième moitié du XXème siècle, tel pourrait être le résumé de cette saga familiale.
Marinina surprend car tous ses livres traduits auparavant étaient de bons polars avec intrigues et enquêtes. J’aimais ses polars comme je l’ai dit ici car en filigrane elle nous présentait la vie en Union Soviétique.
Dans « celui qui sait » elle retrace la vie de plusieurs personnes sur une petite cinquantaine d’années. Elle aborde ainsi tous les pans de la vie quotidienne, le système scolaire et universitaire, le logement avec ses appartements communautaires, la vie sentimentale, et les queues devant les magasins... Mais elle aborde aussi la Culture, la difficulté à certains moments de se procurer les livres étrangers, le cinéma et le journalisme.
Toute la vision sociétale et son évolution sont présentées à travers la vie de personnages attachants. Ainsi, Natalia qui porte les difficultés de tout le monde dans cet appartement communautaire où tous âges et tous maux se cotoient. Fidèle à ses premièrs amours, Marinina met en scène quand même un enquêteur mais ce n’est pas lui qui va enquêter. Je n’en dis pas plus. « celui qui sait » n’est pas nécessairement celui auquel on pense. La fin du livre est un peu inattendue mais montre bien que l’activité d’information souterraine donne un certain pouvoir.
J’avais un peu moins apprécié les deux derniers polars de Marinina mais je trouve qu’avec ce petit dernier elle a bien su se renouveler, pour mon plus grand plaisir.
Je mets juste un bémol sur la longueur car valait-il 700 pages ?
12 juin 2009
"IDENTITE SOUS CONTROLE" DE J OUAKNINE
Présentation :
"La vengeance est un plat machiavélique qui se mange froid, surtout quand il a mijoté au fond d'un sombre cachot.
Un cadavre pour dessert et une inspiratrice sur le gâteau, voici les ingrédients de ce polar mené tambour battant, tout en dialogues et rehaussé des pensées secrètes des protagonistes au fur et à mesure que l'on découvre leurs points de vue.
Qui de ces trois conspirants saura l'emporter ?
Cette vengeance s'accompagne d'un grand millésimé, un Côte-rôtie, qui lui donne une allure de froide dégustation.
Les trois protagonistes se relaient au fil du livre pour nous livrer leurs pensées secrètes donnant une saveur particulière à ce polar étourdissant."
L'auteur : voir son blog et ses livres personnalisés
Le hasard fait bien les choses. En cherchant un polar pour mon cher et tendre au salon du livre de Dijon (il y a quelques mois déjà), je me suis arrêtée devant le stand des éditions de la rue. Bonne pioche !
Nous sommes entraînes dans un vaudeville policier avec le mari, la femme, l'amant...un meurtre- c'est un polar tout de même- et un cadavre dans un frigo. Le mari s'évade de prison et se refait une identité après avoir changé de tête et revient sur les lieux pour se venger. Il retrouve alors les différents protagonistes de son passé ; chacun ses intérêts, chacun croit savoir et tire les ficelles, chacun semble avoir le contrôle et on a hâte de savoir qui va "gagner".
On imagine très bien ce récit en pièce de théâtre. C'est vite lu, bien mené et j'ai vraiment passé un bon moment !
10 juin 2009
BIBLIOTHEQUE SANS FRONTIERE
Un message de Babelio que je relaie volontiers.
Une tour de livres pour Haïti
Un petit geste pour une grande tour...03 juin 2009
"LA PUISSANCE DES CORPS" DE YANN QUEFFELEC
27 août 2013.
Sur la plage du Trez-Hir un enfant disparaît. On l’appelle Popeye, il a neuf ans. Pour le colonel Rémus, quarante-cinq ans, son responsable légal, il ne peut s’agir que d’un rapt. Le colonel a des ennemis. Il dirige au nom du Président une police parallèle, Les Chats maigres, spécialisée dans la fraude alimentaire. Il a femme, maîtresse, petites amies d’un soir, pas toujours animées des meilleurs sentiments…
Avec l’enlèvement de Popeye, il découvre qu’il est un homme bien seul, bien fragile en dépit des apparences. Retrouver l’enfant, il n’a plus d’autre but. Trop en vue, il engage Onyx, vingt-sept ans, une rusée renarde autrefois chez Greenpeace. Elle a changé, en deux ans, mais Rémus n’a jamais oublié son parfum…
Je disais ici que ce n'était pas une histoire de fesses. La sympathie de l'auteur ainsi que la 4ème de couverture vite lue avant de cocher ce livre en tous cas, ne le laissait pas présager. Innocente que je suis ! Et beh si ! ça "copule" à tous les coins de salons et recoins obscurs. Mais le livre va plus loin puisqu'on effleure ce que peut être l'amour, la maternité, la paternité, le traumatisme d'un viol,..Mais cette approche n'est qu'un condiment du menu insipide. Le plat de résistance offre une histoire sans relief et confuse. En fait, on ne sait pas bien ce que l'on mange. A priori, celle d'un Officier de Police Judicaire, Rémus, dont la femme vient d'accoucher et qui cherche à retrouver un petit garçon volé rapporté d'Afghanistan Popeye, sans doute enlevé par une puissante entreprise industrielle. Son coeur balance entre la raison d'état et l'amour pour cet enfant, qui ne lui appartient pas.
Et en entrée ou pour dessert, car je ne sais jamais à quel moment on se situe dans le roman, l'auteur donne libre court à un pladoyer digne de militants anti-consommation animale, à nous dégouter à jamais de savourer une côte de boeuf au barbecue.
Bref, vous l'aurez compris, je n'ai pas du tout aimé ce livre que j'ai trouvé confus. J'ai le sentiment que Yann s'est noyé dans les méandres de thèmes multiples, à moins que ce ne soit moi, qui n'ait pas su saisir l'écume de cette âme littéraire.
Où sont "les noces barbares"?
La prochaine fois, je choisirais le livre en étant plus vigilante sur le contenu du roman sans me fier au nom de l'auteur !
Je garde néanmoins tout mon capital de sympathie pour cet auteur. Je suis ennuyée d'avoir écrit cette chronique négative, mais j'ai joué la sincérité.
Je remercie Babelio et les éditions Hachette pour l'envoi du livre.






