celuiquisaitPrésentation de l'éditeur :

Années 60: Natacha Kasantseva, la future réalisatrice de télé, sa soeur Lioussia qui sera un écrivain raté, leurs parents, la bibliothécaire juive Bella Lvovna et son fils Marik, un couple d'ivrognes et un autre sans enfants, tous vivent dans un appartement communautaire de Moscou. Les temps sont durs. On se débrouille, on fait la queue dans les magasins, beaucoup buvant pour oublier une société de répression et de pénurie où rien n'est possible quand on n'a pas d'amis au Parti communiste. Amours, mariages, naissances, décès, crimes, tristesse, mais aussi petites et grandes joies d'une vie régie par un moralisme étouffant, les années passent, tout tenant tant bien que mal jusqu'au jour terrifiant où le système s'effondre avec la Perestroïka et cède la place à une Russie de l'enrichissement effréné pour certains et de la misère pour beaucoup. Dans la grande tradition de Rybakov et d'Axionov, cette saga d'Alexandra Marinina décrit avec lucidité et espoir une Russie qui se remet à peine de soixante-dix ans de communisme.

700 pages d’analyse sociologique de la Russie de la deuxième moitié du XXème siècle, tel pourrait être le résumé de cette saga familiale.

Marinina surprend car tous ses livres traduits auparavant étaient de bons polars avec intrigues et enquêtes. J’aimais ses polars comme je l’ai dit ici car en filigrane elle nous présentait la vie en Union Soviétique.

Dans « celui qui sait » elle retrace la vie de plusieurs personnes sur une petite cinquantaine d’années. Elle aborde ainsi tous les pans de la vie quotidienne, le système scolaire et universitaire, le logement avec ses appartements communautaires, la vie sentimentale, et les queues devant les magasins... Mais elle aborde aussi la Culture, la difficulté à certains moments de se procurer les livres étrangers, le cinéma et le journalisme.

Toute la vision sociétale et son évolution sont présentées à travers la vie de personnages attachants. Ainsi, Natalia qui porte les difficultés de tout le monde dans cet appartement communautaire où tous âges et tous maux se cotoient. Fidèle à ses premièrs amours, Marinina met en scène quand même un enquêteur mais ce n’est pas lui qui va enquêter. Je n’en dis pas plus. « celui qui sait » n’est pas nécessairement celui auquel on pense. La fin du livre est un peu inattendue mais montre bien que l’activité d’information souterraine donne un certain pouvoir.

J’avais un peu moins apprécié les deux derniers polars de Marinina mais je trouve qu’avec ce petit dernier elle a bien su se renouveler, pour mon plus grand plaisir.

Je mets juste un bémol sur la longueur car valait-il 700 pages ?