Vous vous souvenez, je vous avais parlé de Thierry qui avait ouvert un blog de révolte se sachant atteint de la maladie de Charcot, maladie incurable. Il a écrit quelques billets puis silence blog. Dans le dernier mail reçu mi-décembre il fait état de la maladie qui progresse.(Ca se voit puisqu'une lettre sur deux manque). Son dernier billet parle de "Tuesdays with morry", livre qu'il recommande particulièrement. " La dernière leçon" en est le titre français que j'ai lu. Je viens  de refermer ce livre, les larmes aux yeux mais sereine.

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Ce livre s'adresse à ceux qui se savent condamner, par la maladie de Charcot ou tout autre maladie mais aussi et surtout aux biens portants, ceux qui accompagnent des proches mourrants et à tous ceux que la mort effraie.

C'est l'histoire vraie d'un étudiant Mitch Albom, l'auteur du livre, qui devenu journaliste retrouve son ancien prof d'université qu'il avait tant apprécié. Sauf que ce prof, Morrie est atteint d'une SLA (Sclérose Latérale Amyotrophique), maladie neurologique dégénérative, ou maladie de Charcot. En gros la maladie évolue comme suit : problèmes locomoteurs, puis une fois définitivement assis, petit à petit on perd son autonomie et quand le mal atteint les poumons on tousse et on meurt  de suffocation.

Mitch décide d'aller voir son ancien professeur tous les mardi et il va ainsi assister à sa lente dégradation physique. Mais l'ex élève va recevoir le plus cadeau qu'il soit, les dernières leçons de son professeur. Les thèmes en seront l'amour, la vie, le mariage, le pardon, la vieillesse...Tous ces thèmes vont être développés par Morrie qui juge, que plus on aperçoit la mort, plus celle-ci nous apprend à vivre. Son leit-motiv pour lui l'agnostique sera "Aimez-vous les uns les autres, sinon vous êtes perdus..."

Le professeur transmet et l'ex-élève reçoit. Toutes ses paroles et ses gestes vont briser peu à peu la pudeur inhérente à cette situation. Mitch va alors oser prendre la main, masser les pieds ou étreindre le corps décharné de son prof, voire le porter pour le réinstaller dans son lit.

Mitch va au long de ses entretiens boire les paroles de son prof, empreintes d'humanité et admirer sa vision positive de la vie ainsi que son humour toujours présent. Il va comprendre ce que c'est que d"êtrre présent" avec quelqu'un.

Oui c'est un livre douloureux (pour qui ?), certaines paroles frôlent l'évidence et pourtant dans ce contexte, elles prennent une nouvelle dimension.

Et celles-ci concernent tout le monde car tout le monde connait un malade. J'ignorais totalement que ce livre sorti en 1997 avait fait le tour du monde.

De la même manière que Morrie a utilisé ses dernières forces à transmettre, Thierry lui aussi s'active.

- A travers son blog éphémère il a voulu, certes crier sa colère, mais aussi transmettre à tous (ses lecteurs et ses enfants) ce qu'il avait reçu en lisant ce livre.

- Puisant l'énergie au fin fond de lui-même et fort de sa vie qui fut la sienne avant tout cela, il a créé cet été une fondation avec des fonds privés pour la recherche sur cette maladie. Et c'est ICI qu'il s'exprime pour expliquer son parcours et sa démarche.

Pour ma part, si j'ai écrit ce billet, c'est surtout parce que le message sur le blog de Thierry m'a touchée et que j'ai envie de vous faire découvrir ce livre, vecteur d'émotions fortes mais de sérénité. Des hommes, qui se sachant condamnés transmettent d'aussi belles pages, réveillent en moi une curiosité, non celle des voyeurs mais celle de l'empathie féconde et militante.

Merci Thierry, votre blog éphémère n'aura pas servi à rien.

Vos trois A, vos enfants que j'embrasse, peuvent être fiers de leur papa.

" La mort met fin à une vie mais pas à une relation"

EDIT du 22/02/09 : je viens de recevoir un mail de Thierry. Il continue de se battre à travers sa fondation, pour ses jeunes enfants mais il a l'impression que c'est en vain... Bon courage Thierry, je ne pense pas que ce soit en vain.