franciscainchezSS

Présentation de l'éditeur :

Voici l'histoire époustouflante d'un jeune séminariste plongé, à l'aube de la Seconde Guerre mondiale, dans la sinistre légion de Hitler : les SS. Karl Goldmann (1916-2003) n'avait pas huit ans lorsque naquit en lui le désir de devenir franciscain et de partir comme missionnaire pour le Japon, rêve qu'il devait concrétiser bien des années plus tard. Mais en 1933, le totalitarisme hitlérien s'abat sur l'Allemagne. Dans l'enfer du nazisme, puis de la guerre, Karl, devenu le frère Géréon Goldmann, homme d'une trempe exceptionnelle, résista de toute son âme, et souvent avec un panache déconcertant, tout en mettant à profit sa situation pour venir en aide aux populations civiles. Renvoyé dans la Wehrmacht, il continue son service comme infirmier. Ayant obtenu du pape, dans des circonstances peu ordinaires, l'autorisation de recevoir la prêtrise avant d'avoir achevé ses études, il sera ordonné après avoir été fait prisonnier et exercera un ministère extrêmement fructueux dans plusieurs camps de prisonniers d'Afrique du Nord. A travers un nombre étonnant de péripéties, le frère Géréon échappe à plusieurs reprises à une mort assurée... Cette histoire véridique apporte un éclairage inattendu sur une période que l'on croyait bien connaître. Elle montre une fois de plus comment la force de la vérité déjoue le mensonge totalitaire. Une vie à découvrir absolument et à faire connaître.

C'est l'histoire véridique d'un enfant allemand incorrigible et rebelle, qui très tôt se sent des prédispositions pour la prêtrise. Il entre à l'Union de la jeunesse catholique. Au lycée, il est arrêté car il proclamait que "Allemagne n'avait qu'un seul Führer Jésus-Christ".

Devenu franciscain, il entre chez les SS. Face à Himmler, il n'hésite pas à dire "on verra bien qui changera". Cette forte tête ne va pas s'incliner et pendant toute la guerre, chez les SS puis à la Wehrmacht, il ne va cesser de tenir tête à sa hiérarchie, renvoyer les gradés à leurs propres contradictions et protéger dans la mesure de ses moyens, les allemands comme les français. Il sera maintes fois inculpés de trahison et miraculeusement il s'en sortira. Son leitmotiv : le Bien au coeur même de l'horreur. Il deviendra infirmier et puisera son énergie dans la prière et la communion.

Il va connaître toutes les horreurs de la guerre : il découvre ainsi Dachau et les objectifs de la guerre :"L'Allemagne devrait être libérée des juifs, des communistes et en tout premier lieu des chrétiens. Tant que le Pape, ce criminel de Rome et tous les curés ne seront pas pendus, il ne pourra être question  de victoire". Il vécut les trains bondés, la privation, les prisons surpeuplées, il entendit les tortures et vit la mort encore et toujours.

Contre les vents et marées de la bureaucratie, il deviendra pour son plus grand bonheur, prêtre, ordonné en Algérie par un évêque français dans le camp pour prisonniers de guerre dans lequel il se trouvait.

Mais il raconte aussi dans ce livre, tous les petits bonheurs : les conversions de prisonniers, l'érection d'une église au coeur même d'un camp, les rencontres avec d'autres frères ou prêtres comme lui mais aussi des communautés méconnues (communauté évangélique), la demi-heure de pause en plein combat pour distribuer la communion aux blessés "ennemis", le chant "douce nuit, sainte nuit" le soir de Noël alors qu'il faut repartir au front ainsi que toutes les "petites voix" qui le sauveront.

Bien sur, certains aspects choquent mais finalement  rendent très humain le personnage : sa pusillanimité et ses colères dont il fait état. Et puis on s'interroge : porter à la fois une arme et une custode est-ce vraiment cohérent ? Et que dire de la seule fois où il a menacé des hommes avec une arme : contre des prêtres pour obtenir des hosties consacrées ! c'est un homme en temps de guerre...la balance entre le Bien et le Mal est délicate en temps de paix alors en temps de guerre !

Je trouve ce livre intéressant car il gomme l'aspect souvent manichéen sous lequel nous est présenté la guerre.

De même que K. Taylor nous invitait dans son livre "jour sans retour" à découvrir la guerre vécue chez les protestants allemands, ce livre est le témoignage d'un catholique allemand pendant la guerre qui a une seule arme, celle de la foi.

Critique chez Koz