Mes lecteurs sont merveilleux ! Figurez-vous que j'ai un lecteur qui anticipe sur les devoirs de vacances de l'été 2009. Et ce lecteur, c'est David (ex-Youk) de Netbourgogne, un vrai bourguignon lui, qui vous présente le livre d'Arnaud Delalande "Le piège de Dante" . Merci David !

Thaïs

lepi_gededantePrésentation de l'éditeur :

1756. La Venise des Lumières. Un meurtre atroce - une crucifixion - se produit en plein cœur d'un théâtre de la Sérénissime. Pour mener l'enquête parmi les ennemis de la République, le Doge fait libérer Pietro Viravolta, aventurier et séducteur, qui croupit dans les geôles de Venise aux côtés de Casanova... Ses investigations le mènent tour à tour chez Luciana, la maîtresse d'un sénateur vénitien de renom ; Spadetti, le maître verrier de Murano ; ou encore Caffelli, prêtre tourmenté de San Giorgio Maggiore... Lorsque ce dernier est assassiné à son tour, Pietro découvre l'existence d'une secte qui menace la lagune. En se plongeant dans la Divine Comédie de Dante, il met au jour le principe organisateur de ces mises à mort : elles reproduisent les châtiments des Neuf Cercles de l'Inferno... qui doivent se solder par l'apparition de Lucifer en personne ! Truffé de références mystiques et de rebondissements qui culminent au plus fort du Carnaval, Le Piège de Dante mêle le suspense du thriller à la jubilation du roman d'aventures.

Prix des lecteurs 2008 "Le livre de poche", catégorie Polar

Pourquoi je conseille ce livre :

1) Le livre est chapitré suivant les neuf cercles de l'enfer définis dans "La Divine Comédie" de Dante. Incontestablement, la structure de l'oeuvre donne envie de [re]lire ce pavé datant de 1321. D'ailleurs, elle est particulièrement riche en références littéraires, culturelles et historiques et donne également envie de [re]visiter la Cité des Doges, de parcourir les 177 canaux, de flâner sur les 400 ponts ou encore de bayer aux pigeons (et non aux corneilles) devant le lion ailé de Saint Marc, trônant sur l'une des deux colonnes de la Piazetta...
2) L'intrigue, sans toutefois lancer de pavé dans la mare littéraire, reste assez agréable à suivre, rappelant à notre bon souvenir diverses oeuvres récentes ou non, telles que le "Da Vinci Code" de Dan Brown ou encore "Dix Petits Nègres" d'Agatha Christie.
3) Les personnages sont plaisants, de nature simple. Viravolta oscille tendrement entre Zorro et Cyrano, en passant par Tintin, version "Les cigares du Pharaon" (comprendront ceux qui liront...).

 

Pourquoi je ne conseille pas forcément ce livre :

 

1) Pour reprendre le point évoqué précédemment, l'intrigue, loin de défier celle du "Da Vinci Code", est extrêmement longue à se mettre en place et reste assez traditionnelle (c'est en fait le récit d'un complot mêlant secte religieuse et arcanes du pouvoir), et les quelques "rebondissements" promis créent parfois à peine la surprise.
2) Les descriptions sont longues et parfois lourdes : après avoir ingurgité avec courage (ou survolé en diagonale) 150 pages universitaires (presques indigestes) sur l'histoire de la République de Venise, l'intrigue s'ouvre enfin. Sur les 500 pages que compte l'oeuvre, la moitié sont consacrées à des rappels historiques ou à des descriptions touristiques dignes du meilleur Guide Michelin.
3) Les descriptions des meurtres renvoient trop facilement à "Seven" (de David Fincher, avec Brad Pitt, Morgan Freeman et Kevin Spacey) et la capacité d'imagination du lecteur se trouve vite dépassée. On en regretterait presque que rien ne soit véritablement sanguinolent, pas même la description du maître-verrier, cuit au four et soufflé comme un verre...
4) La présentation du récit, en 4e de couverture, nous allèche par la présence d'un certain Casanova. Espoirs lubriques vite déçus, puisque ledit personnage, engeôlé, n'apparaît en tout et pour tout que 2 ou 3 fois, dans un rôle plus que secondaire.
5) Mon plus grand regret réside dans le fait que les identités de quasiment tous les "méchants" soient trop rapidement dévoilées (page 250 pour le 1e).

 

En conclusion...

 

Ce n'est pas un mauvais livre, il reste agréable à parcourir et nous plonge dans un univers qui fait rêver : Venise au temps des Doges. Mais pour l'apprécier véritablement, je conseille de sauter (ô scandale !) les 250 pages de cours magistraux sur l'histoire de Venise et de Florence...

 

David