ARC-EN-CIEL

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20 août 2008

EN ATTENDANT ULYSSE, J'AI LU "LE VERTIGE DES AUTEURS" DE GEORGES FLIPO

le_vertige_des_auteursPrésentation : Pour complaire à son patron qu'il vénère, Sylvain Vasseur se lance dans l'écriture. N'a-t-il pas tout pour devenir écrivain ? Tout : l'égoïsme, la foi en son talent, des admirateurs et groupies, et même un incessant soutien de la presse, peut-être quelque peu prématuré. Que lui manque-t-il, si ce n'est une œuvre ? De mesquines impostures en folles espérances, le voici parti à la conquête d'un destin littéraire. Mais sa compagne sera-t-elle tentée par une vocation de femme d'écrivain ? Pour les auteurs potentiels, ce livre constituera peut-être le premier exorcisme contre le démon de l'écriture. avec un humour aussi noir que féroce, par petites touches d'une acide vérité, Georges Flipo brosse allégrement le portrait de ces millions de français qui possèdent un manuscrit dans leur tiroir. Le Vertige des auteurs les fera frissonner de plaisir ou d'effroi.
éditeur : Castor astral.

C’est un grand jour aujourd’hui ! Georges Flipo accouche d’un bébé appelé « Qui comme Ulysse ». Il est sûrement très beau mais faute de pouvoir lui faire une douce caresse, je me contenterais dans un premier temps, d’évoquer le premier roman de Georges Flipo,« le vertige des auteurs ».

Comme un vol de gerfauts hors des sentiers battus,

J’ai surfé sur la vague d’un auteur inconnu.

Que dire de ce vertige d’un auteur, Sylvain, qui peut représenter n’importe quel apprenti écrivain ? Georges Flipo nous emporte dans une réflexion peut-être en partie autobiographique dans le monde de l’écriture. Nous découvrons toutes les facettes du monde littéraire, que des néophytes comme moi découvrent avec stupeur et questionnement.

La chaîne du livre est explorée avec :

-         Sa fabrication ou la solitude de l’écrivain ; comment un auteur construit son livre, les lieux d’inspiration, l’angoisse de la page blanche, le délitement de l’entourage…

-         La recherche de débouchés ou plutôt d’éditeurs

-         Le service après-vente : les salons et émissions

-         La gestion : analyse et résultat du produit

-       La dimension humaine : on découvre dans ce livre les sentiments de compétition entre auteurs, les rencontres improbables et des situations un peu burlesques mais humoristiques.

Vous l’aurez compris j’ai apprécié ce livre qui se laisse avaler comme un bon Bourgogne. Néanmoins, comme toute bonne béotienne, et malgré le ton sarcastique que l'on note au fil des pages, je me pose la question de la crédibilité de certains aspects qui en ferait presque un roman de science-fiction :

  • du personnage Sylvain. Est-ce vraiment le vertige d’un auteur ou l’égocentrisme d’un homme ? J’ai du mal à imaginer que la plupart des écrivains soit à l’image de Sylvain sauf à caricaturer énormément les traits.

  • de la scène d’humiliation subie sur un plateau de télévision. Est-elle destinée à mettre en évidence la seule scène où Sylvain va être lui-même, sincère et modeste ?

  • de la relation de Sylvain avec son ancien patron. Que ce soit au moment de sa mise à la retraite ou plus tard, j’ai du mal à comprendre qu’un homme puisse être à ce point si sûr de son talent pour ne pas flairer l’hypocrisie du patron. A 20 ou 30 ans, pourquoi pas ? » à l’âge de la retraite, j’ai des doutes.

Malgré ses points d’interrogation bien inoffensifs, cette lecture a vraiment été plaisante. Je me suis régalée d’un plat nouveau bien servi, joliment décoré, avec des pointes d’humour bien salées.

J’ai vraiment apprécié la description de l’érémitisme de cet homme qui croit à son talent et qui fait ce qu’il faut, pour devenir écrivain : il se coupe de tout, conservant simplement des petits rituels qui le rassure.

J’ai enfin souri à la façon dont insidieusement l’auteur nous invite à avoir de l’empathie pour son héros alors que la raison nous pousse à croire à chaque page que c’est une tête à claques, un monstre d’égoïsme.

J’ose espérer que tous les écrivains n’ont pas la saveur de Sylvain, sinon Mesdames fuyez !

Quant à vous M. Flipo, si vous passez, ne soyez pas blessé par ma futile critique, ce n’est qu’une petite épine dans un bouquet de violettes. C'est bien ce qu'on offre aux Nouvelles accouchées ? et... longue vie à Ulysse...

Au fait, je préfère les petits cahiers à grand carreaux !

Bibliographie de l’auteur :

-         « La Diablada », nouvelles, Anne Carrière en 2004 ; Turquoise en parle

-         « L’étage de Dieu », nouvelles, le Furet du Nord en 2006 : Cathulu en parle

-         « Qui comme Ulysse », nouvelles, Anne Carrière aujourd’hui le 20 août 2008

qui_comme_ulysse

Le blog sur lequel Georges Flipo sévit avec autant d'humour que dans son livre.

Certaines critiques de ce livre, "le vertige des auteurs" chez Turquoise, Cuné, Essel, Hélène , Florinette, calipso, E.Urien

Mais rien ne serait complet sans une critique complètement négative, c'est ICI (je me reconnais dans certaines choses d'ailleurs !)

Posté par thaisg à 06:28 - Livres adultes romans français - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Ce cher Georges est définitivement un grand charmeur ! :)

Posté par cathulu, 20 août 2008 à 08:58

Même pas peur de me piquer avec l'épine dans les violettes: je me mets à la recherche de ce titre avec conviction!

Posté par Anne, 20 août 2008 à 11:24

@cathulu : pfff...c'est nous qui sommes charmantes

@Anne :tu me diras alors combien de paires de claques tu auras distribuées à ce cher Sylvain.

Posté par Thaïs, 20 août 2008 à 19:21

J'ai lu, et relu

J'ai lu votre long article avec beaucoup d'intérêt. Vos questions sont pertinentes, vous le saviez en les posant. Dans quelques jours, je vais vous répondre par mail privé, afin de ne pas donner l'impression d'abuser de votre hospitalité. Et ce sera vous qui jugerez s'il est opportun de les publier sur votre blog.
En tout cas, vous avez bien lu ce roman, c'est le moins qu'on puisse dire.

Posté par Georges F., 20 août 2008 à 21:39

Pour encore de George Flipo mais un livre qui ressemble à un bon bourgogne, ça me donne vraiment envie ! :-)

Posté par Argantel, 21 août 2008 à 20:47

@Georges : merci de votre visite. J'attends avec intérêt vos commentaires.

@Argantel :ou un bon bordeaux (ma région natale !)... en fait je ne bois pas une goutte d'alccol :-)

Posté par Thaïs, 21 août 2008 à 22:10

Un bourgogne, en effet!

Ca se savoure... et c'est un peu vachard, ce qui ne se refuse pas. Enfin, ça donne à réfléchir.

Dans le genre, on retrouve certains éléments (p. ex. le délitement du milieu social) dans "Ecrivain en 10 leçons" de Philippe Ségur, paru chez Buchet-Chastel. A découvrir dans la foulée, sur le même thème.

Posté par Daniel Fattore, 22 août 2008 à 15:08

Quant au lien vers la critique négative, il renvoie vers un smiley tout seul. C'est voulu?

Posté par Daniel Fattore, 22 août 2008 à 15:08

@Daniel

Merci pour la référence.
Beh oui le smiley est un clin d'oeil, en fait c'est moi entrain de lire. Tu ne m'as reconnue ? :-)

Posté par Thaïs, 22 août 2008 à 21:40

Que non point...

... mais bonne lecture! ;-)

Posté par Daniel Fattore, 25 août 2008 à 13:46

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