valsebachirSynopsis : Valse avec Bachir est un film autobiographique. Ari Folman, metteur en scène israélien, a rendez-vous en pleine nuit dans un bar avec un ami en proie à des cauchemars récurrents, au cours desquels il se retrouve systématiquement pourchassé par une meute de 26 chiens. 26, exactement le nombre de chiens qu'il a dû tuer au cours de la guerre du Liban, au début des années 80 !
Le lendemain, Ari, pour la première fois, retrouve un souvenir de cette période de sa vie. Une image muette, lancinante : lui-même, jeune soldat, se baigne devant Beyrouth avec deux camarades.
Il éprouve alors un besoin vital de découvrir la vérité à propos de cette fraction d'Histoire et de lui-même et décide, pour y parvenir, d'aller interviewer à travers le monde quelques-uns de ses anciens compagnons d'armes.
Plus Ari s'enfoncera à l'intérieur de sa mémoire, plus les images oubliées referont surface
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Film d'animation, documentaire, français, allemand, israélien avec Ari Folman, Ori Sivan, Ronny Dayag.

Il n'est pas utile de vous raconter l'histoire de ce documentaire présenté au festival de Cannes. Tout est dit dans le synopsis. Ari Folman raconte son histoire personnelle et comment il va capter les pans de sa vie disparus de sa mémoire. Le film est sa thérapie (la réalisation a duré 4 ans) pour se ré-approprier son histoire et comprendre ce rêve qui le poursuit.

Pour cela, il va interroger neuf de ces anciens compagnons d'armes pour reconstituer le puzzle de cette période sombre.

Il va montrer l'absurdité de la guerre, à travers les témoignages de ses compagnons/témoins jeunes à l'époque, les tirs à l'aveugle et la loterie de la mort.

L'aspect politique n'est pas évoqué sauf quand il nomme à la fin du film les responsables du massacre de Sabra et Chatila et s'interroge sur la responsabilité de l'état israélien.

J'ai beaucoup aimé ce film. Le fait que ce soit un film d'animation (outre la démarche technique saluée par la critique) atténue les horreurs de la guerre. A travers la démarche d'Ari Folman, on imagine très bien la difficulté pour tout homme ayant vécu la guerre de se réadapter à une vie "normale".

La réalisation du film a été très douloureuse pour le réalisateur puisque l'horreur jaillissait de sa mémoire. Il raconte cependant que pendant cette période, il a conçu trois enfants (avec sa femme) en espérant que ceux-ci, qui verront le film plus tard, feront les bons choix et ne participeront à aucune guerre.

J'aimerais tant partager son optimisme, mais je pense à tous les enfants soldats enrôlés de force, à qui ont fait espérer des chimères célestes.

C'est un très beau et fort film !