Alexandra Marinina est née en Ukraine en 1957, a fait des études de droit, s'intéresse particulièrement à la personnalité des criminels violents et à la prévention de la récidive, puis entre comme criminologue au Ministère de l'intérieur. Elle arrêtera son activité en 1998 pour se lancer dans l'écriture.

Ce livre "l'illusion du péché" est le son huitième roman traduit en français sur la trentaine qu'elle a écrit.

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L'héroïne, Anastassia Kamenskaïa ou Nastia, personnage central de tous les romans de Marinina est inspectrice à la Pétrovska. C'est une femme intègre, dotée d'un jugement sûr ; Férue d'informatique et de mathématiques, elle analyse son énigme comme le ferait un scientifique.

De quoi parle "l'illusion du péché" ?

Katia femme riche et secrète est retrouvée assassinée. En voulait-on à son argent ? Qui et pourquoi recevait-elle discrètement chez elle ? Quel est le lien entre elle et une pauvre femme devenue à moitié folle qui a balancé ses enfants par la fenêtre ?

Je n'en dis pas plus.

Et oui, ce roman raconte l'élucidation d'un meurtre ! quoi de plus banal pour un polar me direz-vous à juste titre. Et bien ce livre et tous ceux de Marinina possèdent deux particularités qui en font, à mes yeux, des petits trésors de lecture.

La première est que Marinina nous plonge avec réalisme dans le quotidien de la vie moscovite. Elle fait état, à travers ses personnages, des dures réalités des conditions de vie des moscovites en décrivant leur appartement, leur façon de se nourrir, de se déplacer et de travailler. Ce qui est intéressant aussi, c'est que le traducteur appose quelques petites notes qui nous permettent de comprendre les us et coutumes russes, à nous européens de l'ouest.

Elle aborde aussi sans ambages, les aspects dérangeants de la société russe y compris ceux de la police, de la mafia et de la corruption.

La seconde particularité qui me fait aimer les romans de Marinina, c'est sa façon de traiter l'énigme. J'ai horreur des polars où l'hémoglobine flirte avec le nombre de cadavres. L'essentiel de ses romans repose sur l'analyse des personnages et des situations. Elle essaye constamment de raisonner pour tirer le bon fil qui va faire se dérouler son écheveau d'intrigues. Elle est souvent dans l'impasse car ce n'est pas le bon fil saisi mais grâce à son entêtement, au sens du détail et à la rigueur de son analyse elle y parvient.

Le sérieux du développement est entrecoupé de faits plus légers relatif à la vie sentimentale de son héroïne ou de ses collègues de travail, ce qui en font des romans qui se lisent facilement.

Personnellement je ne saurais en conseiller un, plus que l'autre. Ce dernier roman est peut-être celui qui parle le moins de la réalité russe, mais je les ai tous appréciés.

Autres romans traduits en français :

  • Le cauchemar 
  • La mort pour la mort 
  • La mort et un peu d'amour 
  • La liste noire 
  • Je suis mort hier 
  • Le styliste 
  • Ne gênez pas le bourreau