07 février 2010
"LE FEU FOLLET" ET "GILLES" DE P. DRIEU LA ROCHELLE
Petits billets que j'ai écrit ailleurs il y a quelques temps déjà et que j'ai retrouvés. Pierre Drieu La Rochelle (1893-1945) est plus connu pour ses idées extrémistes. Néanmoins, ces deux livres sont du point de vue littéraire à mon sens excellents.
Présentation de l'éditeur :
"Maintenant, il savait tout le prix de Dorothée. Au fond de lui-même, il
croyait qu'il avait gardé un pouvoir sur elle et qu'il pouvait la
reprendre, si enfin il s'en donnait la peine. Et il ne pouvait pas
croire que l'émoi qu'il ressentait ne fût pas communicatif. Elle avait
l'air si bon, sur cette photo. Sa bouche répétait ce que disaient les
yeux : une tendresse timide. Ses seins frêles disaient encore la même
chose, et sa peau qui fuyait sous ses doigts, ses mains friables."
C'est une bourrasque que
l'on reçoit, le souffle d'un écorché vif, d'un drogué dont la
sensibilité à fleur de peau recherche désespérément une bouée qui de
toute façon ne le mènera pas aux rivages de la félicité. En quête
d'argent, de femmes et de drogue, il est condamné à se perdre dans
l'océan de sa médiocrité, et à sombrer.
Ce livre est douloureux mais magnifique !
Douloureux car on aimerait bien faire quelque chose pour lui et le sortir de cette impasse ;
Magnifique car Drieu nous fait si bien partager son émotion que l'on en est soi-même retournée.
Vous comprendrez que j'ai adoré ce livre, que je ne peux en dire plus, car le ressenti est presque physique.
Présentation de l'éditeur
Je ne puis plus aimer une femme. Je vais partir. Torrents de larmes, sanglots, spasmes, râles, agonie, mort, autre veillée funèbre. Femmes mortes. Dora, au loin, qu'étaient ses jours et ses nuits ? Assez. Femmes mortes. Il était mort aux femmes. Il attendit une heure. Le sanglot de Berthe ne finissait pas. Il se raidissait pour ne rien dire. Pas un mot. Il regardait autour de lui ce charmant décor, mort comme celui de sa chambre avec Pauline.
La quintessence du livre de Drieu repose pour moi sur deux idées essentielles sa méthode et sa passion.
Sa
méthode à mon sens, c'est l'idée que quel que soit le moment de sa vie,
les prémices de toute relation ou action se fondent sur une intuition.
Il pressent quelque chose qui devient une évidence et il agit en
conséquence, avec passion. Puis il analyse, il décortique et j'ai
vraiment aimé l'acuité de sa perception.
- sur le fond il le fait avec droiture, sans concession ni pour lui-même, ni pour les autres.
- sur la forme, il le fait avec justesse, en défrichant la situation et en effeuillant les sentiments.
Sa recherche, c'est celle de la passion, de la perfection
- en politique, il recherche un homme fort, un leader (que ce soit à l'extrême gauche ou extrême droite)
- en amitié et en amour, il recherche la passion dévorante, la perfection.
quel programme !
Comme
vous le constatez, ce n'est pas l'idée de la décadence, de l'aboulie de
la société ou le contexte historico-politique qui m'a intéressée mais
l'homme, sa façon de réfléchir, de percevoir le monde hors de la vie
réelle. Son monde étant uniquement celui du défrichage des sentiments
et de l'épaisseur de l'âme.
Néophyte que je suis, je me pose cependant certaines questions :
- en politique, il évoque son idéal de parti comme suit :
"Ce serait notre parti à tous, un parti qui serait national sans être nationaliste, qui romprait avec tous les préjugés et les routines de la droite sur ce chapitre, et un parti qui serait social sans être socialiste qui réformerait hardiment, mais sans suivre l'ornière d'aucune doctrine. J'ai toujours pensé que ce siècle était un siècle de méthodes et non de doctrines".
Mes piètres connaissances en histoire et en politique y sont sûrement pour quelque chose mais je m'interroge sur son idéal de parti
* un visionnaire pour le début du XXIè siècle ? :-) ou
*
un indécis du genre bisounours (ni-ni) ? je n'y crois pas car cette
possibilité n'est pas en adéquation à sa recherche de passion, de
jusqu'au-boutisme.
- Gilles aime les femmes : je ne parle pas de
la collection de femmes destinée à assouvir sa libido active. Je parle
des quelques femmes qu'ils a aimées et qui ont compté même après leur
séparation.
Je ne voudrais pas mal interpréter les sentiments
amoureux de ce personnage complexe. Néanmoins, j'ai le sentiment qu'il
y a toujours un décalage entre sa vision "intellectuelle" de la
personne aimée et sa perception amoureuse. Autrement dit, il met
tellement la perfection de l'esprit, du corps, du "être", au firmament
de sa relation que très vite, il ne peut qu'être déçu.
Et j'ai
l'impression que ce déséquilibre très marqué chez le personnage de
Gilles est une vision très masculine. Les femmes seront plus dans
l'équilibre, dans la synthèse, dans l'harmonie sans jugement aucun bien
sûr ! :-)
Je m'interroge donc sur la recherche de perfection.
Respecter dans sa quête de femme une sorte de "cahier des charges",
c'est forcément se condamner à l'échec dans le couple. Bien vaste
sujet...
Gilles me permet de me poser certaines
questions à partir de certaines citations
Amitié : "C'était justement dans l'ordre de la durée qu'il avait cru que l'amitié pouvait surpasser l'amour. L'amour fait une concurrence déloyale à l'amitié à mesure qu'on avance en âge, en l'assimilant."
De prime abord, j'étais convaincue par cette assertion, et l'idée de comparer deux fonctions dont l'abscisse serait le temps et l'ordonnée une échelle de valeur, ces deux fonctions se rejoignant, me plaisait. Mais maintenant je ne vois pas comment on peut évaluer quantitativement cette ordonnée ; mesurer la passion, l'attachement, l'intérêt, l'attraction corporelle, toutes ces valeurs qui se conjuguent et qui sont autant de paramètres. Trop d'équations qui m'échappent...
Femme : "Une jolie femme c'est dans la vie un poids mort".
Voici donc mon impression sur ces livres et donc mon approche de Drieu avec comme limites :
- ce sont les deux seuls livres que j'ai lus de lui
- j'ai trouvé quelques longueurs dans "Gilles" et j'ai sûrement omis plein d'éléments
- J'ai complètement obéré tous les aspects politiques et historiques qui ne m'intéressent pas outre mesure.
En conclusion, ce qui m'a plus, c'est le cheminement de cet homme, c'est l'idée selon laquelle en fonction de notre environnement, de nos relations et notre sensibilité, toute personne évolue et qu'il est stupide d'attribuer des étiquettes comme nous savons si bien le faire. Enfermer les hommes dans une catégorie, c'est imaginer les connaître à partir d'une peinture alors qu'il faudrait tout un film pour peindre la diaprure de leur vie.
03 février 2010
"TIGRES DE GUERRE"
Turkménistan, 19 avant Jésus-Christ.. Des légionnaires romains, échappés de la forteresse parthe de Merv où ils étaient retenus prisonniers, rencontrent sur la route de la Soie un marchand et lui dérobent un mystérieux joyau. Ils sont depuis poursuivis par un redoutable guerrier, qui a l'apparence d'un tigre. Près de 2000 ans plus tard, en 1879, le lieutenant John Howard, officier en Inde, tente de juguler la rébellion d'un peuple tribal. C'est lors d'une expédition au coeur de la jungle qu'il découvre un temple troglodyte, dans lequel se trouve une étrange épée. Quelques années plus tard, il disparaît en Afghanistan. Que s'est-il passé ? C'est ce que tente de découvrir Jack Howard, archéologue de renommée internationale et arrière-arrière-petit-fils de John Howard. De son aïeul, il garde une étrange épée à gantelet en forme de tigre, ainsi que son journal. Jack se rend alors au Rajasthan, sur les traces de son ancêtre, dans un des temples de la jungle. Là, il découvre la tombe d'un Romain, ainsi qu'une étrange inscription faisant référence à un joyau disparu...
Biographie de l'auteur
David Gibbins, docteur en archéologie, est universitaire à Cambridge. Il est l'auteur à succès d'Atlantis, du Chandelier d'or, et du Dernier Evangile, publiés aux Editions First.
Un roman à priori comme je les aime, où l'aventure flirte avec le documentaire. Il fait suite à d'autres romans de l'auteur que je n'ai pas lus dans lesquels les personnages étaient déjà "nés". "Tigres de guerre" est un roman foisonnant qui s'articule autour de trois époques et trois périples.
L'époque romaine avec l'histoire des légionnaires perdus de Crassus suite à la bataille de Carrhae.
La fin du XIX ème siècle où l'on suit John, militaire britannique envoyé en Inde et son comparse Wauchope. Leur périple est consigné dans un journal tenu par John qui s'arrête brutalement le 20 août 1879.
La dernière époque est contemporaine. Jack veut comprendre ce qui est relaté dans le journal de son arrière-arrière- grand-père ; Sa quête va le mener au fin fond de la jungle indienne, en Afghanistan et sur la route de la soie, accompagné de Costas.
Les éléments du puzzle de cette chasse au trésor vont s'assembler pour reconstituer un tableau dont le thème central est la quête d'immortalité.
Que penser de ce roman ?
J'ai un sentiment mitigé, j'ai eu du mal à adhérer et si ce n'était ce contrat à honorer (un livre, une chronique) j'aurais abandonné. J'ai senti un frémissement d'intérêt uniquement vers la 150 ème page.
D'une part, les points faibles :
- Le vocabulaire un peu technique qui nuit à une lecture facile du texte et donc de l'intrigue. Sentiment très fortement ressenti au début du roman.
- Les personnages ne sont pas très attachants. Je n'ai ressenti aucune empathie pour les personnages y compris Jacq et John. Je ne saurais vraiment brosser un portrait des personnages sauf l'humour de Costas baume de légèreté. Quelques traits sans plus.
- Les "indices" retrouvés comme par coïncidence alors que les héros cherchent une aiguille dans une botte de foin. Une fois, on glisse, plusieurs fois c'est trop artificiel pour que ce soit crédible.
D'autre part, les points forts :
- L'ensemble de l'histoire qui est bien articulé.
- Quelques belles pages émouvantes lors de la mort de John près du puits en Afghanistan au début du XXème siècle.
- L'idée même d'une chasse au trésor à travers le monde quelqu'en soit la quête.
- La chute de l'histoire ou plutôt les supputations de Jacq assez inattendues.
Globalement, j'ai le sentiment d'avoir découvert un beau tableau, un peu lourd, finement assemblé, avec des personnages centraux qui manquent de charisme .
Je remercie l'éditeur First, Ulike et Abeline et Sylvain qui permettent de chroniquer certaines nouveautés de la rentrée littéraire. Vous pouvez lire ici ce billet
.
31 janvier 2010
"INVICTUS" DE CLINT EASTWOOD
Synopsis : En 1994, l'élection de Nelson Mandela consacre la fin de l'Apartheid, mais l'Afrique du Sud reste une nation profondément divisée sur le plan racial et économique. Pour unifier le pays et donner à chaque citoyen un motif de fierté, Mandela mise sur le sport, et fait cause commune avec le capitaine de la modeste équipe de rugby sud-africaine. Leur pari : se présenter au Championnat du Monde 1995.
Que dire de ce film si ce n'est qu'il m'a subjuguée ! j'hésitais à le faire voir à mes enfants car je craignais la violence et la dureté du thème. Et bien non ! Heureusement que nous y sommes allés en famille et cela a occasionné de belles discussions et interrogations sur ce qu'a été l'Apatheid, la force de l'engagement, le dépassement de soi dans le sport et dans la vie, la ténacité dans les convictions, la solidarité entre les hommes, gouverner avec l'esprit de revanche ou en rassemblant...
Le petit bémol est venu de l'appréciation de valerianjunior qui trouvait que le rugby était trop présent Personnellement je n'y connais rien en rugby et cela ne m'a pas gênée.
Merci Monsieur Clint Eastwood (réalisateur) et au génial Morgan Freeman (acteur jouant Mandela) ; ce film ne laisse pas indifférent.IL EST MAGNIFIQUE !!!
Petits mots gravés dans la mémoire de Mandela répétés comme un leit-motiv dans ce film
"Aussi étroit soit le chemin,
Bien qu'on m'accuse et qu'on me blâme
Je suis le maître de mon destin,
Le capitaine de mon âme"
La chronique de Pascale , La Pyrénéenne, Géraldine
23 janvier 2010
"VERA" de ALEXANDRE SKOROBOGATOV
Présentation de l'éditeur :
" Ils parlaient rarement, il ne pouvait toujours pas lui pardonner ce
qu'il avait vu au théâtre. Parfois, si [Véra] dormait, Nikolaï quittait
sa chambre, s'asseyait près d'elle sur le divan et la regardait : son
visage était pâle, bien plus pâle que d'ordinaire, et de fait il
paraissait irréel. Dans le crépuscule il semblait resplendir d'une
faible lueur intérieure. Véra respirait sans bruit... comme si elle ne
respirait absolument pas. À présent, elle était plus belle encore, et
l'aimer devenait plus douloureux encore." Véra est le récit - presque
le journal - d'un homme amoureux de sa femme jusqu'à la folie. Hanté
par la suspicion, Nikolaï est convaincu que Véra le trompe. Dit-elle ne
rien comprendre, lui jure-t-elle fidélité ? Elle ment, bien sûr !
D'autant qu'une voix - double imaginaire ou mauvais génie bien réel -
nargue Nikolaï, le harcèle, pointant avec cruauté sa faiblesse. Peut-il
vraiment échapper à ses hallucinations, entremêlées à la réalité, et à
ce besoin de faire subir à Véra le pire traitement qu'un homme puisse
infliger à une femme prête à tous les sacrifices ? Envoûtant portrait
d'un homme jaloux et de sa victime, Véra révèle l'un des auteurs les
plus talentueux de la littérature russe contemporaine.
L'auteur : Alexandre Skorobogatov, né en 1963 en Biélorussie, décide très jeune de
se consacrer à l'écriture. Après la chute du régime soviétique, il
s'installe à Anvers, où il publie cinq romans. Salué par la critique
Véra est son premier livre traduit en français.
Entamons notre année Russe !
Livre intéressant qui explore la palette de sentiments liée à la jalousie. Plantons le décor : un homme jaloux à l'excès face à sa très jeune et belle femme . Tout homme approché est un amant potentiel. Une femme actrice aux talents et aux charmes multiples qui est soumise à son mari dès lors qu'elle est avec son mari. Excès de jalousie d'une part, excès de soumission d'autre part. qu'en est-il réellement ? Je dois dire que j'ai eu du mal à discerner certaines fois, le réel de l'imaginaire, le passé, du présent. Mais dans l'ensemble, j'ai aimé cette décortication du sentiment à travers cette histoire, un peu à la Zweig. L'écriture est quelquefois surprenante, certaines expressions un peu étonnantes mais c'est peut-être la traduction.
Un agréable moment de lecture dans cette collection "autrement" que décidément j'apprécie beaucoup.
16 janvier 2010
HAITI...
"Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la terre".
Albert Jacquart (il ne s'exprime pas par rapport à cet événement et pourtant)
cecile en parle aussi autrement
et l'écrivain Dany Laferrière raconte
"L'ENIGME DU MANUSCRIT DE POMMARD" DE P.Y. DENIZOT
Depuis plusieurs années, Gabrielle Tizedon, historienne au musée du Louvre, recherche inlassablement une série de dessins réalisés par Léonard de Vinci au début du XVIe siècle, considérés par tous comme perdus. Sur le point d'abandonner sa quête faute de nouvelles pistes à explorer, la jeune femme devenue dépressive et solitaire, croise par hasard la route de Nicolas. L'incroyable récit qu'elle lui confie débute par la découverte dans une vieille chapelle de Pommard d'un manuscrit rédigé en 1519 par un certain Roland de Dinteville, descendant du chancelier Rolin. Fasciné par l'historienne autant que par sa confession, Nicolas décide de mettre par écrit les aventures de celle-ci en parallèle avec les passages traduits du manuscrit, révélant de bien étranges similitudes, à cinq siècles d'écart, dans les destins de Roland et Gabrielle. De manipulations en fausses pistes qui se répondent à travers les siècles, le chemin sera long et périlleux avant de pouvoir soulever un coin du voile du mystère. Une aventure passionnante, au cœur de la Bourgogne viticole, où la rigueur historique se mêle avec bonheur à la fiction.
Editeur : les éditions de l'Armançon (bourguignonne)
Plongeon garanti au coeur de la Bourgogne, tel pourrait être le résumé de ce livre, roman-documentaire. Plongée donc dans l'histoire, celle des Ducs de Bourgogne et plus précisément des descendants de Nicolas Rolin. A partir de la découverte d'un manuscrit relatant des faits qu'une historienne contemporaine doit traduire, le roman puisqu'à la base il s'agit d'un roman, foisonne de documentations sur les lieux, Pommard, le château de Commarin, l'abbaye de Cîteaux et surtout l'Hôtel-Dieu de Beaune, "bijou de la taille d'un palais". Grâce à ce roman très classique dans sa forme, chapitres alternés entre l'époque historique et celle contemporaine, on redécouvre Beaune et son joyau, on comprend le nom "Hôtel-Dieu" et sa fonction (hôpital), on imagine la détresse et le travail des soeurs. Mais par-delà la description, on cerne les enjeux historiques, philosophiques, artistiques et religieux de l'époque. Le Grand Duché de Bourgogne est-il mort ? Copernic et Léonard de Vinci se sont-ils rencontrés ? Quelle était l'influence des idées de Nicolas de Cusa, le scientifique sur les religieux de l'époque ?
Loin de répondre à toutes ces questions, Pierre-Yves Denizot dans ce roman, fait état des idées qui agitent les esprits à cette époque.
Bien sûr on ne peut évoquer la Bourgogne sans évoquer ses vins que Pierre-Yves Denizot conjugue à tous les temps du présent et du passé. C'est bien en Bourgogne que j'ai appris ce qu'était un "inao"!
Vous l'aurez compris, j'ai vraiment apprécié ce livre. C'est une manière très intéressante de comprendre l'histoire, de la rendre vivante. Petit bémol : à part la partie sentimentale que l'on perçoit très vite comme étant romancée, il est très dur (pour moi une bille en Histoire) de faire la part des choses entre la vérité historique et celle orchestrée pour les besoins du roman, (même si à la fin on le découvre).
Je trouve aussi que le parallèle fait entre Roland Dinteville (passé) et Gabrielle (présent) que l'on pressent assez vite n'apporte rien sinon peut-être de la confusion et ne rend pas crédible le reste, tellement plus important à mon sens. Mis à part cela, ce roman est bien construit, sa lecture est très enrichissante, l'écriture agréable. Il donne envie de retourner sur les lieux pour revisiter l'hôtel-Dieu mais aussi y aller au moment de la vente des vins !
Il donne envie d'aller plus loin dans la découverte de Léonard de Vinci, Nicolas de Cusa. mais surtout si vous ne connaissez pas la Bourgogne, c'est un stimulant efficace pour y aller illico, à condition de ne pas croire une chose exprimée comme un leit-motif dans ce livre : il ne pleut pas tous les jours en Bourgogne et je n'ai pas encore vu de météorite tombée du ciel !
Et la bonne nouvelle c'est qu'il y a une suite, chic !
L'auteur Pierre-Yves Denizot, originaire de Beaune, professeur de sciences à Paris, a créé un site très vivant et intéressant autour de ce livre. (photo prise dans le cadre du salon "livres en vignes")
10 janvier 2010
"UN (GRAND ) CRI DE SOURIS D'I.BAUER ET L. NILLNI
Quelle merveille ce petit livre des éditions Philomèle ! un livre pour les enfants de 6 à 99 ans.
Bien calées dans notre canapé, ma fille et moi avons savouré cet ouvrage, nous en avons caressé les mots, admiré les images aux couleurs chatoyantes, égrené à haute voix le texte pour mieux entendre les sons.
Faites-vous plaisir avec les images ICI,
Je souhaiterais vraiment encourager Isabelle Bauer et Laura Nillni qui ont créé cette maison d'édition l'été dernier.J'aime beaucoup le texte et encore plus les illustrations. On nage dans la douceur, la danse colorée des images et le piquant des mots.
Ma poupette, qui je pensais avait passé l'âge (10 ans), souligne l'humour et la bonne adéquation des images et du texte.
Au-delà du texte, elle a pris plaisir à ce que nous lisions toutes les deux cette histoire car le défaut des parents, une fois que leurs enfants savent lire, c'est de ne plus lire avec eux et encore moins à haute voix ! j'ai redécouvert avec ce livre ce bonheur de lecture à haute voix avec ma petite grande fille.
Je souhaite remercier la
et les editions Philomele pour cet immense cadeau !
(Crédit photo : éditions philomèle)
08 janvier 2010
"JE ME SOUVIENS" DE BORIS CYRULNIC
Présentation de l'éditeur
Boris Cyrulnik a minutieusement exploré les mécanismes de l attachement
(Sous le signe du lien) et de la résilience (Un merveilleux malheur).
Dans ce livre inédit et autobiographique, il s interroge sur le travail
de la mémoire à travers son expérience personnelle d enfant orphelin à
l âge de 5 ans, prisonnier puis évadé à 6 ans, et ayant surmonté tant d
épreuves par le travail intérieur de sa mémoire : Faut-il se souvenir ?
Et jusqu à quand ? Y a-t-il un devoir de mémoire ? Comment la mémoire
reconstruit-elle le souvenir ? Et pourquoi ? Boris Cyrulnik revient sur
les traces de son enfance, guidé par les mots de sa mémoire. Un livre
témoignage bouleversant, le seul écrit uniquement autobiographique de
Boris Cyrulnik.
Biographie de l'auteur
Boris Cyrulnik est psychiatre et éthologue, spécialiste de la psychologie de l attachement et de la résilience. Il a écrit de nombreux ouvrages à succès dont : Sous le signe du lien (Hachette, 1989) et, chez Odile Jacob, Les nourritures affectives (1993), Un merveilleux malheur (1999), Les Vilains petits canards (2001), Le murmure des fantômes (2003), Parler d'amour au bord du gouffre (2004) et De Chair et d'Âme (2006). Il a obtenu le prix Jean Bernard pour la recherche médicale en 2004 et le prix Renaudot de l Essai en 2008.
Je connaissais de nom ce psychiatre dont j'ai vu une partie d'une interview. Je ne sais plus de quoi il parlait mais je sais que j'ai eu envie d'en savoir plus sur lui.
Dans ce petit livre, Boris Cyrulnic se livre et revisite son passé à Bordeaux et à Pondaurat. Il perd son père puis sa mère qui sont déportés, il est accueilli dans une famille d'accueil et arrêté à l'âge de 6 ans.Emmené à la synagogue, il va s'enfuir.
Il confronte les images que sa mémoire a conservées, à la réalité des faits et des lieux tels que racontés par les différents protagonistes.Ce texte très accessible est touchant. L'homme et le psy expliquent, l'homme avec son émotion, le psy avec sa science.Belle découverte !
30 décembre 2009
MON ANNEE 2009, EN 2010 et PRIMO LEVI
Bon je vais suivre la troupe et faire mon bilan mais aussi parler de 2010 et de Primo Lévi en avance (c'est pour compenser la fois où je n'ai rien fait hein sylire ça marche ? :) )mais je n'ai pas grand chose à dire ou trop...
Plein d'images me viennent pour 2009
1 ) de lecteurs, de blogueuses et blogueurs....en vrac :(PS : si vous saviez comme c'est galère de mettre les liens, je ne sais pas pourquoi mais mon ordi a du mal et je dois m'y reprendre à 5 ou 6 fois avant de sélectionner un pseudo pour mettre le lien donc j'ai zappé) :
Dang mon fidèle lecteur complice, les soucis de santé de Flo et Géraldine, une patte folle pour notre Pyrénéenne, un changement d'horizon pour Anne, un petit bout de chou pour Saxaoul, un pote plus bourguignon que moi chris89, les belles photos et la fidélité d'Aifelle, une pro de la langue des signes amoureuse de Blondel caro, des propositions de livres toujours très originales chez sybilline, notre spécialiste du cinéma dasola, les chefs du blogoclub sylire et lisa, des pères Noel avec des livres, Guillaume de chez Babelio, Suzanne de chez les filles, la BOB team avec kesalul et carole, mon portraitiste tripoteur de bits Mr Kiki, les gagnants de mon mon jeu autour des livres, Denis et Fabienne, les billets toujours très bien documentés de chez Sylvie, mon visiteur de chicago admirateur de Sylvie Germain Rick, mes auteurs chéris : Michel Rederon dont j'ai beaucoup apprécié la nouvelle gastronomique, marco ma marmotte siffleuse, Eric Van Hamme rencontré entre deux trains, Georges Flipo toujours aussi plaisant, et puis Clarabel toujours aussi productive, les chanteuses liliba et sourifleur, mon journaliste, un peu chafouin, beaucoup gentil, Isa dont j'admire toujours les oeuvres, notre canadienne Karine, notre petit Suisse champion d'orthographe Daniel (dont je n'ai jamais fait le tag), les jeux idiots et les diners échange de livres de Cécile, Les voyages de Keisha, une amie aux multiples talents d'organisatrice Anne, les quizz d'emmyne, la chaîne d'Ys, les billets pertinents de cuné, la musicienne Florinette, La belle Turquoise, l'intermittent du blog Julien, mon dessinateur de bannière calepin, un étudiant écolo Aymeric, et puis Eireann, Fantasio, Neph, Marie, Antigone, leiloona, Lou, Michel, Kathel, Papillon, Monsieur Pingouin, Gambadou, Fanyoun, cathulu, fashion victim, clarinette, Mango...
Pardon si j'ai oublié certaines personnes.
Merci à tous pour vos commentaires et nos échanges.
2) Les livres que j'ai aimé :
- "Tuesdays with Morry" de M. Albom (PS : Je n'ai aucune nouvelle de Thierry Latran. Contrairement aux autres fois il n a pas répondu à mon mail ; je pense qu'il n'est pas bien du tout. En tous cas la fondation qui porte son nom grandit)
- "les naufragés de l'ile Tromelin" d'Irène Frain
- "Un franciscain chez les SS" de G. Goldmann
- "Les confessions du Pasteur Burg" de J Chessex
-"Rouge majeur" de D. Labayle
-"Jeux croisés" de M. Sizun
3) Auteur découvert et dont je veux poursuivre la découverte : Jacques Chessex et Jane Austen
4) Auteur que j'ai envie de découvrir : Justine Lévy vue à la Grande librairie que j'ai trouvé fragile et touchante. En fait il y en a plein d'autres :)
5) Auteur que j'aime encore et toujours : Jean-Paul Kauffmann
6) challenge : j'étais inscrite à un seul challenge, celui "lire autour du monde". je n'ai pas fait ce que j'avais prévu mais certainement d'une autre façon avec d'autres villes et pays. Bref les challenges ce n'est pas pour moi !
7) Question à la blogosphère : savez-vous ce qu'est devenue philo ? elle est partie rapidement suite à un souci et n'est pas revenue. Elle me manque.
8) Projection 2010 :
Je ne sais pas ce que je ferai en 2010. Déjà moins présente en cette fin d'année, je pense que je vais réduire encore plus mes billets pour ne publier que si j'ai vraiment aimé le livre, cela me laissera sans doute plus de temps pour venir vous lire . J'ai aussi envie de lire plus de littérature russe et bourguignonne. (c'est déjà ce que je disais l'année dernière !) et plus de polars.
9) "Si c'est un homme" de Primo Levi
J'ai lu "si c'est un homme" de Primo Levi dans le cadre du
. Je ne sais pas comment on ne peut pas aimer ce livre. C'est le récit d'une expérience inénarrable. Je ne me sens pas d'attaque de parler de ce livre. Comme le dit P. Levi, les mots usuels ne suffisent pas pour décrire ce qu'il a vécu, le camp, le froid, la peur, l'usure, les combines pour survivre, la conscience de ne pas être un humain et toujours comprendre.
J'ai conscience de me défiler un peu mais je préfère vous mettre en lien ICI une étude trouvée sur ce livre et son auteur
Juste une réflexion : En entendant dernièrement certains de nos politiques frôler le point Godwin, je me disais qu'il serait bon qu'ils lisent Primo Levi pour connaître la réalité de certains termes.
Nombreuses critiques chez les embres du blogoclub récapitulé chez sylire
10) A L'ANNEE PROCHAINE
PAUSE. Je travaille demain matin puis c'est un long week -end, je boucle tout, repos, repas, rire...
Je vous souhaite à tous une très bonne année 2010 !
.
27 décembre 2009
"LE CONCERT" DE RADU MIHAILEANU
A l'époque de Brejnev, Andrei Filipov était le plus grand chef d'orchestre d'Union soviétique et dirigeait le célèbre orchestre du Bolchoï. Mais après avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs, dont son meilleur ami Sacha, il a été licencié en pleine gloire. Trente ans plus tard, il travaille toujours au Bolchoi mais... comme homme de ménage. Un soir, alors qu'Andreï est resté très tard pour nettoyer le bureau du maître des lieux, il tombe sur un fax adressé à la direction du Bolchoï : il s'agit d'une invitation du théâtre du Chatelet conviant l'orchestre officiel à venir jouer à Paris.. Soudain, Andrei a une idée de folie : pourquoi ne pas réunir ses anciens copains musiciens, qui vivent aujourd'hui de petits boulots, et les emmener à Paris, en les faisant passer pour le Bolchoï ? L'occasion tant attendue de prendre enfin leur revanche...
Je vais rarement au cinéma mais j'ai profité du départ de ma petite troupe familiale pour ranger aller dans une salle obscure. Je ne suis pas au fait des sorties du mercredi sauf celles que l'on ne peut éviter mais le grand spectacle, les effets spéciaux et l'action non stop j'évite.
Mon beau-frère, lors du réveillon, m'a suggéré d'aller voir ce film et je lui ai obéi. Je n'ai pas regretté.
L'histoire est racontée plus haut ; rien à rajouter, sinon que c'est un film merveilleux, Tchaïkowski est présent et nous fait vibrer. L'acteur qui joue Filipov, Aleksei Guskov, est beau de bien jouer, l'humour très présent sert à faire passer les traits trop appuyés.
J'ai juste un grand doute sur la possibilité qu'un orchestre joue bien sans répéter mais cela fait partie de l'harmonie finale.
Je vous recommande vivement ce film !
Critique vraiment négative chez Pascale, la pro du cinéma









